Fraxinus excelsior L… le grand draineur.

Fraxinus excelsior L… le grand draineur.

Fraxinus excelsior L. , avez-vous prêté attention à cet arbre élancé, aussi puissamment ancré que son ami le chêne, ses fleurs rougeâtres sans pétales apparaissant dès les beaux jours, bien avant les feuilles en avril-mai ?

C’est un frêne, de la famille des Oléacées couvrant pratiquement toute l’Europe à l’exception des zones méridionales…. Plutôt associable et solitaire , il ne permet guère à ses concurrents de croître sous son couvert, ne tolérant pour compagnie que les chênes, hêtres, charmes et sapins.

Autrefois cultivé pour ses feuilles fourragères, pour son bois souple, élastique et résistant, ces bienfaits se sont perdus avec le temps et j’ai envie de le remettre à l’honneur, car il le mérite tout autant que le bouleau ces lettres de noblesse, grand arbre du printemps.

Dans la mythologie grec, le frêne est le bois de Poséidon, lié au bronze, tout deux symboles de dureté, assemblés pour créer des armes souples et solides à la fois.

Les anciens attribuaient au frêne le pouvoir quasi magique d’éloigner les serpents et de part son suc, de guérir du poison des morsures. Ils conseillaient aux cultivateurs pour guérir le bétail piqué par une vipère de broyer des jeunes pousses tendres avec du vin et de l’huile et de forcer les bêtes à boire le jus et appliquer sur les morsures un cataplasme des mêmes pousses écrasées avec du sel (de agr., VI,17).

Des grecs, en passant par Hippocrate, connaissaient déjà les vertus diurétiques du frêne.
Dodoens (XVI ème médecin-botaniste flamand) insiste sur l’effet diurétique des feuilles, écorces et tendrons (bourgeons) :
« A ceux qui sont par trop gras, écrit-il, on donne tous les jours à jeun trois ou quatre feuilles de fresne à boire en vin, a celle fin qu’ils deviennent maigres ».
Les fruits ont les mêmes vertus mais on les croit aussi aphrodisiaques consommés avec de la noix de muscade…

Hildegarde de Bingen (moinesse et phytothérapeute au Moyen-Âge) disait :
« Le frêne purifie les humeurs, qu’il aide à voir clair, pour remettre l’homme sur le droit chemin ».

Au XIX ème siècle, son écorce était utilisée comme astringent dans les diarrhées et les hémorragies.
Cette dernière était aussi couramment utilisée contre les poussées fébriles bien avant la découverte du quinquina.

Mais il n’y a pas encore si longtemps, dans les campagnes, on faisait communément une boisson quotidienne très rafraîchissante et diurétique qui s’appelait, suivant les contrée, la « frénée » ou la « frenette ».

Une des variétés, l’arbre à manne, le Fraxinus ornus L., présent dans le sud de l’Europe, fournissait une sève (la manne des apothicaires) utilisée comme un laxatif doux.

De part son action ciblée sur l’appareil ostéo-articulaire et sur le système rénal, il est donc un puissant diurétique, anti-rhumatismale et anti-goutteux par excellence.

La pharmacopée emploie les feuilles, les fruits et l’écorce.

Les feuilles et les fruits sont antalgiques, anti-arthritiques, anti-goutteux, diurétiques, sudorifiques et plus légèrement laxatifs et toniques.

L’écorce est astringente, expectorante, fébrifuge et tonique.

 

Les femmes qui suivent un régime amaigrissant obtiendront encore de meilleurs résultats si elles prennent en boisson courante, de l’infusion de feuilles de frêne.

Usage :
Pour l’infusion de feuilles de frêne : une poignée par litre d’eau.

La macération dans du vin : 60 grammes de feuilles dans 1 litre de vin blanc, laissez macérer quelques jours, filtrer et édulcorer suivant son goût. A prendre un verre une fois par jour.

Pour vous mesdames,… les messieurs aussi bien-sûr, une tisane très efficace :

Tisane diurétique (« la pharmacie du bon dieu » – Fabrice Bardeau), active le fonctionnement rénal, chasse l’eau en excès :
frêne (feuilles) ………………….10 gr
chiendent (feuilles) ……………80 gr
cassis (feuilles) ………………..10 gr
menthe (feuilles) ………………10 gr

Pour vivre centenaire, Léon Binet (XXe), qui fut doyen de la faculté de médecine, assure qu’il convient de boire chaque matin un grand verre d’infusion de feuilles de frêne, associées avec celles du cassis, de la menthe et de la reine des prés.

Ce qu’apporte la gemmothérapie :

Le macérât est préparé à partir des bourgeons ramassés au moment de leur éclosion :
– stimulant de la diurèse, intéressant pour les sujets dont l’organisme ne paraît plus gérer convenablement l’eau et qui souffre d’un ensemble de désagréments ;
– son action stimulante sur la fonction hépato-rénale, booste tout et «lutte » contre une surcharge pondérale ;
– pour les rhumatisants, il est actif dans les déformations articulaires siégeant au niveau des mains notamment. C’est un des remèdes majeurs en gemmothérapie dans la polyarthrite ;
– au niveau mental, il apporte la volonté et la capacité de choisir avant l’action. En médecine chinoise ce sont les points forts d’un sujet de type «rein». Excellent soutient en cas de névrose, d’angoisse et de stress.

Gemmothérapie et phytembryothérapie.

Gemmothérapie et phytembryothérapie.

L’utilisation des macérats de bourgeons pour les soins, appelée gemmothérapie ou phytembryothérapie, appartient au domaine de la phytothérapie à la différence qu’elle utilise des bourgeons d’arbres et de plantes, ainsi que d’autres tissus végétaux en voie de croissance.

Véritable phytothérapie cellulaire, les bourgeons renferment les principes les plus actifs de l’arbre ou de la plante, car ils contiennent toute l’énergie et les propriétés des différentes parties en devenir de l’arbre et de la plante.

Simple, efficace et naturelle, la gemmothérapie ou phytembryothérapie augmente l’efficacité d’autres produits en phytothérapie ou en homéopathie.

Riche en principes actifs vivants (acides nucléiques), les bourgeons contiennent également des vitamines, minéraux, oligo-éléments, enzymes et hormones. Ils constituent des bio-régulateurs visant à renforcer les défenses naturelles du corps et à détoxiquer l’organisme par un drainage systémique (c’est-à-dire système par système, favorisant une revitalisation générale de l’organisme, en éliminant les substances toxiques et déchets, réduisant les risques de pathologie).

Les extraits de bourgeons sont non toxiques et se présentent sous forme de macérat-mère ou en dilution 1DH  avec ou sans glycérine soluble dans l’eau (parfois remplacé par du sirop d’Agave et de l’Armagnac) que l’on prend de 5 à 10 minutes avant les repas.

Préparation des produits :

On trouve soit des préparations appelées “macérats glycérinés” à utiliser directement, soit des macérats dilués selon la méthode homéopatique.

Ces deux modes de préparations correspondent à 2 écoles de pensée. Dans les années 60, un médecin belge, le docteur Pol Henry met à macérer des bourgeons frais dans un mélange eau, alcool, glycérine pendant 3 semaines à température ambiante, puis filtre le tout. Il obtient le macérat-mère qui peut se comparer à une teinture mère, mais en moins concentré (proportions de 1/20 plutôt que 1/10 du poids sec végétal mis en oeuvre). Il parle alors de “phytoembryothérapie”. On le consomme dilué dans un peu d’eau à raison de 20 à 40 gouttes par jour.

Dans les années 70, le docteur Max Tétau, médecin homéopathe, reprend ces travaux et crée le terme de “gemmothérapie”. Il prépare les macérats dans un mélange alcool et glycérine sans eau. Le macérat-mère est dilué au 1/10ème, 1ère décimale Hahnemanienne (1DH), selon le principe homéopathique de la dilution.

Moins pratique, puisqu’il faut en prendre plus d’une centaine de gouttes par jour, disent les uns, mais présentant moins de danger disent les autres. Pour renforcer les effets, il est recommandé de les associer.

C’est la raison pour laquelle il est recommandé de s’adresser à un thérapeute spécialisé en gemmothérapie / phytembryothérapie afin de définir les complexes pour cibler au mieux le ou les systèmes défaillants (circulatoire, pulmonaire, ostéo-articulaires, etc…).